DES CLICHÉS A DÉFAIRE

Depuis que nous parlions de notre projet de partir au Nicaragua, de nombreuses personnes nous ont mises en garde quant à la dangerosité du pays ; elles nous ont dit que les Nicaraguayens sont des gens chaleureux, ou encore, nous ont prévenues que c’était un pays tropical. Ces clichés nous ont poursuivis à notre retour au festival des Globe-Trotters à Massy car nous tenions un stand pour présenter le projet de L’imaginaire et nous entendions les mêmes idées reçues qu’un an auparavant. Nous souhaitons à présent donner notre point de vue pour atténuer certains clichés.

 

Le Nicaragua est un pays dangereux.

Statistiquement, le Nicaragua est le pays le plus sûr d’Amérique centrale. Nous avons voyagé partout où les bus nous permettaient d’aller et nous avons rencontré des personnes très différentes les unes des autres. Il ne nous est jamais rien arrivé et nous n’avons jamais été inquiétées.

L’instinct du voyageur ne lui fera jamais prendre aucun risque ; il faut s’y fier. On a suivi les conseils que l’on nous donnait : nous ne sommes donc pas allées à Puerto Cabezas/Bilwi car les tensions peuvent être fortes entre les Miskitos et les Nicaraguayens de l’Ouest venus s’installer. Mis à part une chienne enceinte qui a mordu Hélène, nous n’avons JAMAIS senti un quelconque danger au Nicaragua.

Quand nous avons entendu qu’il était arrivé malheur à un touriste (il ne s’agit donc pas d’un voyageur), nous avons cherché à savoir pourquoi. A chaque fois, la personne qui a été victime d’une attaque n’avait pas adopté un comportement adéquat : une femme qui s’habille très légèrement ou un homme qui porte un appareil photo en bandoulière. Le feriez-vous en France ? Non. Alors pourquoi créer le risque à l’étranger ?

 

Les Nicaraguayens sont des gens chaleureux.

Et les Français sont râleurs ?

Toute la population d’un pays ne peut pas être réduite à un seul adjectif ! Bien sûr que nous avons rencontré des personnes chaleureuses mais tous les Nicaraguayens ne sont pas chaleureux ! De même, ils ne sont pas « gentils » mais leur caractère est bien plus complexe que ça. Ne réduisons pas un peuple si riche à une poignée d’adjectifs.

 

Il fait très chaud au Nicaragua et le climat est tropical.

Oui, c’est vrai, il fait très chaud… dans une grande partie du pays mais pas partout. Si vous allez dans les régions du Nord aux alentours d’Estelí, Matagalpa et Jinotega, les températures environnent les 20°C. Nous étions amenées à porter régulièrement des polaires.

Par ailleurs, le climat n’est tropical que vers le río San Juan et à l’est du pays. Sinon, les climats continental, océanique et montagneux prévalent.

C’est toujours rassurant de mettre les choses dans des cases prédéfinies et il y est si difficile de décrire un pays à des personnes qui n’y sont jamais allées. Il est donc toujours mieux de voir les choses par soi-même et de prendre beaucoup de recul. Nous le faisons encore aujourd’hui et c’est peut-être pour cela que nous avons eu tant de mal à nourrir ce blog : la peur d’y écrire des bêtises prend parfois le pas sur notre envie de partager notre expérience. Si vous êtes patients et assidus, vous découvrirez le Nicaragua au fur-et-à-mesure de nos écrits !

DE LA DIFFICULTÉ DE SORTIR SON APPAREIL PHOTO

Photographier et dessiner le Nicaragua

Quoi de plus simple que de sortir son appareil photo du sac, de le pointer vers une scène et de prendre une photo. Mais cet acte qui est anodin en France peut devenir plus difficile à réaliser dans un autre pays que le sien. Au Nicaragua, où le revenu minimum est de 130 euros, sortir son appareil photo qui vaut jusqu’à 5 mois de salaire ne peut plus se faire sans réfléchir : où suis-je, qui m’entoure ? Il est plus facile de prendre des photos à San Juan del Sur où une personne sur deux est étrangère qu’à Diriamba où les regards se tourneront automatiquement vers vous.

Il y a aussi le sujet que l’on souhaite photographier : viser un paysage n’aura aucun impact sur le paysage, viser des personnes aura des répercussions sur la personne. Ai-je l’autorisation de la prendre en photo ? On est vite tenté de sortir l’appareil et de prendre un beau visage ou une scène complètement atypique pour nous mais, en face, on a des personnes à qui il faut des explications sous peine de passer pour le touriste qui se croit à Disneyland.

Il y a aussi un autre phénomène, moins visible mais tellement plus important : le Nicaragua est un pays qui a vu le tourisme arriver d’un seul coup. D’ailleurs, il nous semble qu’il est arrivé trop rapidement sans que la population n’ait pu s’y préparer. Et avec ce tourisme qui risque de devenir un tourisme de masse, il y a les touristes qui débarquent avec leurs appareils. Peu importe qu’ils viennent des Etats-Unis, du Canada, d’Allemagne ou de France, les touristes débarqueront avec leurs appareils photo pour capturer n’importe quelle scène qui leur paraîtra exotique et ils s’en iront sans même réfléchir à l’impact qu’ils ont eu sur la population. Alors oui, il n’est pas simple de sortir son appareil photo du sac, de le pointer vers une scène et de prendre une photo quand on se trouve au Nicaragua.

 

DES FRUITS EN VEUX-TU, EN VOILA

fruits

Arriver dans un pays, c’est découvrir ses aliments, ce que produit sa terre. Et la terre du Nicaragua est naturellement riche et fertile. Il est donc normal de trouver des manguiers le long des rues et des bananiers le long des routes. Mais, sous le terme de « manguier » ou de « bananier », ne croyez pas voir une seule variété de mangue ou de banane : des vertes, des jaunes, des jaunes et vertes. Sous la seule appellation « mango » ou « maduro », les vendeurs de fruits vous proposeront différentes variétés, à tel point qu’on ne sait plus très bien ce qui se trouve dans notre assiette.

Pour notre regard, passer devant un étal de fruits devient un régal pour les yeux : la nature nicaraguayenne produit des fruits de toute taille, de toute forme et de toute couleur. Les ananas à la pulpe légèrement sucrée, les pastèques désaltérantes sous 40°C et les papayes qui fondent dans la bouche représentent l’une des richesses du pays, surtout quand on vient de France. A chaque repas son « refresco » – sa boisson fruitée – fait honneur aux fruits : grenadille, narangille, orange, mandarine, melon, etc.

Notre préféré : le corossol. On n’oubliera jamais ceux que nous avons goûtés sur l’île d’Ometepe, dans le jardin de l’artiste Abel : fraîchement cueillis de l’arbre, nous les avons ouverts et mangé leur pulpe douce et sucrée à la petite cuillère. Le Nicaragua ne serait-il pas le pays des merveilles fruitières ?

 

DEJA 6 MOIS !

portraits

Nous sommes à présent à un peu plus de la moitié de notre voyage au Nicaragua et que de découvertes artistiques et humaines ! Voici un résumé de ce semestre nicaraguayen.

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1er mois et demi : immersion totale à Diriamba grâce à un volontariat dans des classes primaires où l’on enseigne l’anglais. On ne sait pas si les écoliers savent mieux parler anglais mais ils ont appris des mots en français. Nous avons été accueillies dans deux familles nicaraguayennes : en passant de l’une à l’autre, nous passons d’une religion à une autre et d’une cuisine à une autre.

2ème et 3ème mois : découverte des peintures murales de Masaya hautes en couleurs et en folklore. Le son du marimba sonne encore à nos oreilles. Nous découvrons aussi la capitale Managua, repère d’artistes difficiles à dénicher dans l’imbroglio capharnaümique de la ville.

3ème et 4ème mois : nous entrons dans Leon comme des pizzas dans un four : il y fait très chaud. Mais cela ne nous empêche pas de continuer à rencontrer d’autres artistes même si les muralistes et les graffeurs se font plus rares dans cette partie du pays. Les hasards du voyage nous amènent aussi à croiser le chemin d’autres personnes : des étrangers installés au Nicaragua et des Nicaraguayens ayant vécu à l’étranger.

5ème et 6ème mois : de Leon, nous passons à Esteli où la température est plus clémente pour nous. La ville mérite bien son nom de cité des murales : on ne fait pas 100 mètres sans tomber sur un mur peint (peintures et graffitis). On loge une nouvelle fois en famille, ce qui complète les expériences que l’on a eues à Diriamba.

Nous allons de familles en auberges de jeunesse, en passant par des appartements ; nous voyageons en bus, en bateau et à pied ; nous dessinons, nous photographions, nous écrivons ; nous pensons, nous nous interrogeons, nous nous étonnons ; nous regardons, nous lisons, nous goûtons, nous testons, nous apprenons ;

bref, nous voyageons pour rencontrer des artistes muralistes, des peintres de chevalet, des sculpteurs, des graffeurs, des écrivains, des graphistes, des galeristes, des professeurs, des responsables associatifs, des voyageurs, des directeurs de centres culturels, des hôteliers, des conseillers municipaux, des musiciens. Nous avons vécu 6 mois au Nicaragua, 6 mois qui en valent bien plus au regard de ce que nous avons appris sur une autre culture et sur nous.

 

 

MUSEE ETHNOGRAPHIQUE NACUDARI A NINDIRI

musee

Depuis que nous sommes au Nicaragua, nous recevons chaque jour une leçon sur l’histoire humaine car le pays a un passé et un présent riches et forts. Pour le moment, les musées valorisant la culture du pays sont encore rares et la médiation culturelle (scénographie et guides) demande à être développée, à l’exception du musée ethnographique Nacudari, à Nindiri (à quelques minutes en bus de Masaya), mis en place par l’artiste Jesus « Chu » Castro.

Son fondateur a récolté des objets – symboles de l’histoire du Nicaragua ­– pendant 10 ans et il a voulu les faire découvrir au public dans un lieu unique où se mêlent traditions, légendes et mythes, histoire personnelle et nationale, cuisine et folklore locaux. On peut aussi y suivre des cours de danse et de peinture, non loin des peintures de Chu qui représentent des scènes historiques et des portraits.

Situé entre la grande route reliant Masaya à Managua et le parc du volcan Masaya, le musée accueille également les événements mis en place par Jesus « Chu » Castro et sa femme Xochilt, telle la célébration du 7 novembre qui se trouve être à la fois le jour de la révolution d’octobre en Russie ainsi que le jour de la mort de Carlos Fonseca, l’un des fondateurs du FSLN qui organisa la révolution nicaraguayenne.

Avant d’entrer dans le musée, vous passerez devant la petite coccinelle Volkswagen qui pourrait bien faire office d’objet muséal également. A l’intérieur, vous y serez très bien accueilli par Jesus et/ou Xochilt dont la petite fille Ariana n’est jamais loin et qui vous expliqueront par le menu les richesses de la région. La force du musée ne réside pas dans les objets qui s’y trouvent mais dans les personnes qui le font vivre : Jesus et Xochilt sont convaincus qu’un « peuple qui s’identifie à sa culture est un peuple invincible », comme il est écrit sur l’un des murs du musée.

 

 

DE QUOI VOUS TRANSPORTER

bus

Une seule solution s’offre aux voyageurs qui parcourent le Nicaragua avec un budget serré : le bus. Il vous amènera partout dans la partie ouest du pays ; vous pourrez ainsi admirer les différents paysages nicaraguayens. Nous n’avons pas encore été à l’est mais nous avons entendu dire que les déplacements en transport en commun se faisaient plus difficilement.

Des gros – comme le bus jaune bien connu Blue Bird –, des petits, des camions aménagés en bus, vous avez le choix. Installés à l’intérieur, le chauffeur vous déposera où vous le souhaitez, du moment que vous réglez le trajet à la personne en charge de récolter les sous. Levé aux aurores et pas revenu chez lui avant 22 heures, cet homme fait tout dans le bus : vous aide à monter et à descendre, embarque bagages, coqs, grands-mères, bananes à bord, récolte l’argent, crie la destination du bus aux passants, etc., le tout, pour un salaire très bas. C’est de loin, une personne clé dans le bus : il arrive à se faufiler parmi la foule compacte car, plus il y a de monde dans le bus, mieux c’est pour le chauffeur et son acolyte.

« Si vous savez conduire un gros bus nicaraguayen, vous pouvez tout conduire ». Bien que ces bus soient imposants et que leur moteur soit au bord de la panne, les chauffeurs vous mèneront à bon port même en passant dans les rues étroites de Granada. C’est pour cette raison que les terminaux de bus se trouvent généralement en bordure d’agglomération, souvent dans le marché.

La plupart du temps, les horaires de bus sont respectés (exception faite sur l’île d’Ometepe : lire l’article plus bas). Les petits bus sont plus fréquents et plus rapides, voire très rapides, voire très très rapides.

Un petit creux ? Vous n’aurez pas à attendre longtemps avant que des vendeurs ambulants ne montent dans le bus en criant le nom de ce qu’ils transportent : tacos, empanadas, dulces, jugos, etc. Attendez encore un peu et vous verrez arriver un vendeur de capsules pour faire maigrir ou de vitamines pour être en forme. Il vous reste encore quelques kilomètres à parcourir avant l’arrivée ; un homme monte dans le bus, bien habillé et portant un livre à la main : il se met alors à l’ouvrir et à lire la Bible. Le bus est un microcosme où des inconnus partagent un bout de chemin pendant un temps entre bagages, coqs, grands-mères et bananes.

 

L’ILE D’OMETEPE, ILE AUX TRESORS

ometepe

Dans deux précédents articles, nous vous avions parlé, d’une part, du peintre José Abel Vargas qui habite sur l’île d’Ometepe et, d’autre part, de la silhouette de Sandino, qui veille sur la ville d’Altagracia, au nord de l’île. Aujourd’hui, nous vous présentons l’île elle-même car, comme de nombreux coins au Nicaragua, l’île renferme ses trésors.

Pour y aller, deux solutions : l’avion ou le bateau, le bateau présentant l’avantage d’être plus économique. Les embarcations partent du port de San Jorge (près de Rivas) ou de Granada. La traversée – qui peut être agitée – depuis San Jorge est beaucoup moins longue que celle depuis Granada (1 heure au lieu de 4 heures minimum). La plupart des bateaux qui partent de San Jorge arrivent à Moyogalpa où vous attendra un bus qui rejoint Altagracia qui, après Moyogalpa, se trouve être la deuxième grande ville de l’île, d’autres bateaux rejoignent Altagracia.

Sur l’île, il est possible d’atteindre les grandes attractions en bus mais, si vous souhaitez être plus mobile et ne pas dépendre des horaires variables des transports en commun, vous pouvez louer une moto à Moyogalpa. Ainsi, vous ne ferez pas comme nous qui avons attendu 3 heures un bus qui « devait passer maintenant ».

L’île est un écrin naturel encore protégé par le lac du Nicaragua (ou lac Cocibolca). Ce ne sont pas ses villes (Moyogalpa, Altagracia) ou ses musées (musée d’Ometepe, musée El Ceibo) qui nous ont attirées ici mais les créations de la nature : les hauts volcans Concepcion et Maderas, une baignade à la punta Jesus Maria avec un volcan en arrière-plan, une balade à la réserve Chaco Verde loin du brouhaha de la vie, etc. Nous omettons la source naturelle Ojo de agua qui nous a déçues par son côté superficiel et touristique à l’extrême mais cela reste bien sûr un avis tout personnel.

En allant sur l’île d’Ometepe, on découvre un nouveau monde où la nature a encore beaucoup de droits. Mais pour combien de temps ? Si la construction du canal inter-océanique débute bien en décembre de cette année, les embarcations reliant San Jorge à Moyogalpa côtoieront des mastodontes de toutes nationalités.

MASAYA

masaya

La ville est située entre Managua (la capitale) et Granada (ville touristique). On y arrive pour la première fois par son marché, qui est aussi le terminus de bus. A partir de cette ville il est facile de rejoindre d’autres villes du pays en transports en communs.

Cette ville est empreinte de folklore, d’histoire, de culture et de légendes peints sur les murs. A la sortie de la ville une journée dans le parc national du volcan Masaya et son ascension vaut le détour.

A notre première visite nous nous y sommes senties à l’aise, peut-être grâce à l’hospitalité du gérant de Casa de Huéspedes Regis où nous séjournons. Adresse à Masaya que nous vous conseillons.

 

ABEL, ARTISTE AUX MULTIPLES CASQUETTES

abel

José Abel Vargas est le premier peintre que nous rencontrons dans le cadre du projet de L’imaginaire. Il est né sur l’île d’Ometepe, à Esquipulas. Ometepe est une île située sur le lac Nicaragua et elle est constituée de deux volcans, dont l’un est toujours en activité. Abel a travaillé pendant 40 ans à Managua et il est revenu vivre sur l’île il y a deux ans, loin du tumulte de la capitale. Entre-temps, il a appris à peindre au Costa-Rica, il y a 25 ans. Aujourd’hui, sa maison-atelier surplombe l’une des baies du lac et son jardin est rempli d’arbres aux fruits délicieux.

Concernant son travail de peintre, il nous dit être sensible et influencé par la nature qui l’entoure : les toiles de son atelier représentent des paysages, des animaux…

Abel n’est pas seulement un peintre, il est aussi : organisateur d’évènements culturels, guide touristique, photographe, graphiste, vendeur de cartes postales et il a de nombreux autres projets en tête pour les années à venir : faire des livres pour enfants, créer une résidence d’artistes à Esquipulas, entre autres. A suivre donc…

 

GALLO PINTO VS NACATAMALES

nacatamales

Avant de partir beaucoup de gens nous avaient dit que nous allions manger du Gallo pinto tous les jours. Ce fut le cas les premières semaines. Résultat une des porteuses du projet fut malade à force de voir et de manger des haricots rouges (aliment non recommandé pour estomac fragile) 3x par jour.

Heureusement le Nicaragua ce n’est pas que des haricots rouges à tous les repas ! La cuisine y est riche et diversifiée !

Quand l’un d’entre vous viendra au Nicaragua je vous conseille (à moins que vous adoriez les haricots rouges…) de goûter aux Nacatamales : farine de maïs + riz + viande (porc ou poulet) + tomate + pomme de terre + feuilles de menthe + oignons + épices) cuits dans une feuille de banane.
De préférence en manger (un suffit) pour le petit déjeuner ou le déjeuner, pour le soir c’est déconseillé ; et surtout pas tous les jours !!  Il ne faut pas abuser des bonnes choses.
Les Nicas les mangent servis sur la feuille de banane (tiède et là vous pouvez sentir l’odeur savoureuse du plat) avec du pain (pas de baguette croustillante, le pain ressemble à des petits pains au lait ou brioché) et accompagné d’un café ou d’un coca.

Le Nacatamal est un des plats typiques du Nicaragua, il se mange du vendredi au dimanche généralement. Ils sont cuits pendant plusieurs heures. Ce qui rend ce plat riche en goûts et en saveurs.

JINOTEPE

A quelques minutes en bus de Diriamba où nous sommes encore, Jinotepe est la « capitale » de la « région » de Carazo. De Diriamba, il est facile d’aller à Managua – la capitale du Nicaragua – et dans d’autres villes du coin mais c’est à Jinotepe que part la majorité des bus.

Nous nous attendions à visiter une ville semblable à Diriamba mais il n’en est rien : l’atmosphère est plus décontractée, les activités sont plus diversifiées et le marché est unique. Pour parler un peu plus de ce dernier, imaginez des stands amassés les uns sur les autres sous des bâches en plastique pour se protéger du soleil et de la pluie. L’atmosphère y est bruyante et très sombre ; quand nous rentrons dans le marché de Jinotepe, nous entrons dans un monde à part entière. Odorats fragiles s’abstenir car la viande est exposée à la chaleur et aux mouches !

Jinotepe est une chouette sortie de quelques heures pour changer d’air.

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Marché couvert de Jinotepe
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Marché couvert de Jinotepe

CASARES

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est un port de pêche situé à 45 minutes en bus de Diriamba.

Tout le long de la plage les bateaux des pêcheurs sont entassés. Les bateaux avec leurs couleurs éclatantes semblent tous neufs. Ce matin, seuls des poules et cochons se baladent sur la plage. A partir de 11h il est déconseillé de marcher sur la plage, à moins qu’un coup de soleil ne vous fasse pas peur ; d’ailleurs à cette heure-là aucun habitant n’est dehors.

A partir de 16h le village reprend vie ; marchands de boissons, de fruits, de nourriture et d’essence se mettent en place autour de la plage. Tous préparent le départ des pêcheurs. Ici les pêcheurs embarquent en t-shirt, short, tongues et bananes pour la nuit entière de pêche.
A partir de 4h du matin la plage commence à se réanimer : Familles, marchands de fruits, boissons, tacos s’installent sur les abords de la plage et attendent le retour des pêcheurs. Les nuits sont courtes à Casares !

 

FOU OU VOLONTAIRE ?

En attendant l’ouverture des locaux de l’association dans laquelle nous faisons du volontariat depuis plus de trois semaines maintenant, j’ai discuté avec un Nicaraguayen – que j’appellerai Maycol – qui me demandait comment on pouvait payer pour faire un travail sans nous-même recevoir de l’argent. Il a osé poser une question qui trotte dans la tête de beaucoup de personnes, notamment dans un pays où tout à chacun a du mal à trouver un travail (qui plus est, un travail bien payé).

Mais Maycol a raison ! Nous payons notre billet d’avion pour venir ici, le logement, la nourriture et le transport dans le pays. Nous travaillons pour préparer et réaliser des cours dans des classes où il est éprouvant d’enseigner car les élèves peuvent être très agités.

Ce que Maycol ignore, c’est que le volontariat est une façon de vivre unique au monde. Tout d’abord, vous n’êtes pas toujours obligé de payer pour faire du volontariat, surtout s’il s’agit de ce qu’on appelle un volontariat « long-terme » (plus de 6 mois). L’absence de salaire est aussi synonyme de liberté dans le travail : même si vous n’avez pas les compétences, vous pouvez vous lancer dans un nouveau domaine/pays grâce au volontariat ; vous créez vos propres façons de travailler car vous ne devez rien à personne ; vous êtes libre de partir et d’arriver quand vous le souhaitez. Le volontariat est une nouvelle approche du travail qui devient alors du travail volontaire. Il remet beaucoup de notions en question : la liberté, le travail, le rapport à l’autre, l’argent, etc.

Maycol me prend-il pour autant pour une bonne sœur qui aime donner sans recevoir ? Nous ne récoltons aucune piécette du labeur que nous produisons. En revanche, nous rencontrons chaque jour des personnalités uniques qu’il est impossible de rencontrer dans un travail rémunéré, nous acquérons de nouvelles compétences que nous n’aurions jamais pu développer ailleurs, nous vivons au contact d’une famille qui nous est complètement étrangère (parfois non sans mal !) et nous travaillons avec des enfants qui sont pleins de vie et qui nous amènent à voir les choses sous un angle différent. Le volontariat ne nous apporte rien sur un laps de temps court mais on devient plus fort, plus intelligent et plus vivant pour le reste de notre vie après une telle expérience.

Nous avons choisi de faire du volontariat lors des premiers mois de notre voyage au Nicaragua pour incorporer plus rapidement le mode de vie nicaraguayen (la langue, la nourriture, le rythme de vie, etc.). C’est un temps nécessaire où le projet de L’imaginaire est un peu mis entre parenthèse pour encore mieux comprendre la (les) culture(s) du pays.

Ce que Maycol – professeur d’anglais à l’université au chômage – aurait également pu me dire, c’est qu’en enseignant l’anglais dans les écoles primaires de Diriamba, je vole le travail de certains Nicaraguayens. En voilà une question ardue car les choses ne sont jamais simples : en effet, de quel droit je viens au Nicaragua pour enseigner l’anglais alors que certains Nicaraguayens ont suivi une formation en anglais ? Pour autant, nous sommes volontaires dans une association espagnole qui ne reçoit aucune aide, ni de l’état espagnol, ni de l’état nicaraguayen. Les enseignants nicaraguayens sont peu payés et l’Etat oserait-il payer des professeurs d’anglais dans les écoles publiques ?

Ayant suivi une formation en Français Langue Étrangère, je dirais que je ne suis pas habilitée à enseigner l’anglais à des élèves de primaire mais que les Nicaraguayens qui parlent anglais non plus. Les seules personnes qui peuvent le faire sont les Anglophones pure souche. Nous en comptons un qui vient des États-Unis dans l’association dans laquelle nous travaillons ; à défaut, il y a aussi trois Espagnols et deux petites Françaises qui se sont déjà bien enrichies depuis qu’elles sont ici, ce que Maycol et bien d’autres, au Nicaragua et ailleurs, ne peuvent pas totalement comprendre.

DIRIAMBA

Diriamba est une ville située à 47 km à l’ouest de Managua, la capitale du Nicaragua.
La ville est à 500 m d’altitude.

Nicaragua-carte-du-Nicaragua - Diriamba

L’extérieur des maisons est coloré. A la tombée de la nuit les rues deviennent calmes, chacun retourne dans sa maison ou son église. Les chants des églises avoisinantes nous parviennent, mélangés aux aboiements des nombreux chiens dans la ville.
Contrairement à la majeure partie du pays, l’altitude de la ville permet d’avoir une température plus respirable qu’en bord de mer (voir le futur article sur Casares).

Bien qu’à première vue la ville semble petite et repliée sur elle-même, elle rassemble plus de 50 000 habitants pour qui Diriamba est « el centro del mundo » (dixit).
Nous avons prévu d’habiter pendant 2 mois au centre du monde !

 

QUAND PRENDRE L’AVION CONSTITUE DEJA UN VOYAGE…

Voici quelques indications concernant le « comment venir au Nicaragua ».
Depuis la France, il va de soi qu’on atteint l’Amérique centrale en avion, à moins qu’on aime l’aventure que nous amène l’océan. Les deux plus importantes compagnies aériennes qui assurent le voyage jusqu’à Managua (capitale du Nicaragua) sont Iberia Airlines et America Airlines.
Le voyage n’est pas (encore) direct : vous passerez forcément par Madrid ou par Miami. Nous concernant, nous avons voyagé par American Airlines. Il a fallu un peu plus de 9h pour rejoindre Miami où nous avons attendu 4h30 et nous avons rejoint Managua en 2h30.

Avant de partir, le passage par Miami impose de remplir un formulaire (ESTA ; $14) où nous devons cocher des cases pour rassurer les autorités américaines sur l’objet de notre voyage. Voici quelques exemples de questions : « avez-vous déjà été interné dans un asile ? Avez-vous déjà commis un acte de terrorisme ?, etc. » On nous pose aussi des questions à l’aéroport Charles de Gaulle en France et à Miami. Nous avons d’ailleurs été étonnées car les forces de l’ordre françaises nous ont posé beaucoup plus de questions que celles des Etats-Unis. Ils ont notamment été étonné qu’on parte aussi longtemps au Nicaragua…
Pour un séjour de moins de 90 jours au Nicaragua, vous n’avez pas besoin de visa. Il vous faut juste le formulaire ESTA et un passeport valide encore 6 mois après votre retour du Nicaragua.

Si vous avez des appareils photo, des ordinateurs…, chargez les batteries avant de partir car on peut vous demander à Miami d’allumer vos appareils.

Même s’il peut paraître long, ce n’est pas le voyage qui nous a fatigué lors des premiers jours au Nicaragua mais bien le décalage horaire : alors qu’il est 19h14 en ce moment en France, les horloges nicaraguayennes indiquent 11h14. Heureusement, il y a le soleil pour nous remettre en forme !